Le cœur du fonds est un portefeuille concentré de 30 à 40 entreprises cotées, principalement américaines (40 à 60 %) et européennes, avec une part significative de moyennes et petites sociétés peu détenues par les fonds concurrents. Les gérants recherchent des entreprises dont la rentabilité est élevée et les bénéfices futurs prévisibles, et qu’ils peuvent acheter très en dessous de ce qu’ils estiment être leur valeur réelle : la décote visée va de 40 à 60 % selon les dossiers.
Pour y parvenir, l’équipe applique aux sociétés cotées les méthodes du capital-investissement. Un filtre automatisé passe au crible environ 15 000 sociétés dans le monde toutes les six semaines sur une dizaine de critères de rentabilité et de solidité financière (rentabilité des capitaux, trésorerie, endettement), et fait ressortir environ 300 candidates.
Chacune fait ensuite l’objet d’une analyse économique approfondie, qui peut prendre plusieurs mois : quelle est la solidité de son avantage concurrentiel, sa capacité à fixer ses prix, la qualité de ses dirigeants, et quels flux de trésorerie peut-elle générer dans trois à cinq ans. Toute la recherche est menée en interne, sans recourir aux analyses des banques, et chaque étape est validée par des check-lists avant la moindre décision d’investissement. À l’arrivée, seules 60 à 80 sociétés restent sous surveillance, et un modèle interne compare en permanence leur qualité et leur décote pour décider quoi acheter, renforcer ou vendre.
À ce portefeuille s’ajoutent trois strates complémentaires, qui font l’originalité du fonds : l’achat de sociétés déjà visées par une offre de rachat annoncée, dont le gain est peu dépendant de l’orientation des marchés ; des paris à la baisse sur des sociétés en déclin ou financièrement fragiles ; et surtout des protections de marché, achetées sous forme d’options sur indices, secteurs ou matières premières, destinées à réduire l’exposition du fonds quand les gérants jugent le risque élevé. Le coût de ces protections est plafonné à 1,5 % de l’actif du fonds par an. Au total, l’exposition nette aux actions est pilotée activement et peut être nettement inférieure à 100 %.