Le point de départ est un univers d’environ 300 sociétés, aux trois quarts européennes, capitalisant plus de 5 milliards d’euros ou de dollars. Pour y entrer, une entreprise doit répondre à trois exigences : disposer d’atouts durables face à ses concurrents ; dégager une rentabilité régulière et de la trésorerie disponible année après année (rentabilité des capitaux propres supérieure à 10 % sur cinq à dix ans, le plus souvent au-delà de 15 %) ; et offrir une bonne visibilité sur l’évolution de ses résultats. Les sociétés américaines, japonaises, coréennes, taïwanaises, australiennes ou canadiennes ne sont retenues que lorsqu’elles n’ont pas d’équivalent en Europe.
Chaque société est ensuite valorisée à partir de ses bénéfices futurs estimés par l’équipe, corrigés d’une prime de risque calculée sur quinze critères sectoriels et propres à l’entreprise. Les gérants combinent trois moteurs de rendement attendu : la croissance des bénéfices, le dividende versé, et le rattrapage progressif de la décote de l’action sur sept ans, pour obtenir un rendement annuel espéré, qu’ils appellent la « vitesse » du titre. Un achat n’est déclenché qu’au-delà de 14 % de rendement annuel espéré, seuil appliqué strictement ; plus ce rendement attendu est élevé, plus la position pèse dans le portefeuille, jusqu’à 5 % maximum.
Le portefeuille final compte 50 à 60 titres, à 75-80 % européens et à 95 % de grandes entreprises, souvent leaders mondiaux de leur métier. Il s’organise autour de trois blocs d’environ 30 % chacun : des sociétés en forte croissance (technologie, communication, technologies médicales, luxe), des franchises établies (grandes banques européennes, énergie, biens d’équipement, consommation) et des sociétés cycliques, complétés de 5 à 10 % d’entreprises en redressement. Les États-Unis restent limités à 15-20 % du portefeuille. Le fonds est investi en actions à hauteur de 85 à 95 % en moyenne, le solde résultant simplement de l’absence d’opportunités répondant aux critères d’achat.
Au total, le portefeuille se répartit à parts sensiblement égales entre deux façons de gagner de l’argent en Bourse : une moitié croissance, avec des entreprises dont les bénéfices progressent rapidement et qui se paient donc plus cher (jusqu’à 30 fois leurs bénéfices annuels pour les plus visibles d’entre elles), et une moitié value, avec des entreprises solides mais délaissées par le marché, dont le cours de Bourse reste en retard sur leur valeur estimée. C’est une inflexion par rapport au passé, où la seconde poche dominait nettement. Dans les deux cas, l’exigence de rentabilité reste la même, seule la source du rendement attendu diffère.