L’univers de départ est composé de grandes entreprises cotées partout dans le monde (capitalisation supérieure à 5 milliards de dollars, en pratique 90 % dans les pays développés), tous secteurs confondus. La sélection se fait entreprise par entreprise, sans pari macroéconomique préalable, en trois temps : un premier filtre chiffré retient les sociétés rentables, peu endettées et capables de dégager régulièrement de la trésorerie disponible — plus que des bénéfices comptables, c’est cette capacité à générer du cash année après année qui compte ; vient ensuite une analyse approfondie du modèle économique (clients, produits, place dans la chaîne de valeur) et de la qualité des dirigeants ; enfin un examen extra-financier, la moitié du portefeuille au minimum devant afficher une bonne notation ESG chez MSCI.
À l’achat, le dividende est passé au crible : l’équipe regarde moins son niveau immédiat que sa soutenabilité, c’est-à-dire la part du bénéfice distribuée aux actionnaires et ce qu’il reste à l’entreprise pour continuer à investir. S’y ajoutent des exigences de rentabilité (une trésorerie disponible représentant au moins 5 à 6 % de la valeur boursière de la société) et de prix d’achat (un niveau de valorisation qui ne s’écarte pas de plus de 20 % de celui du marché).
Dans la durée, environ deux tiers du portefeuille sont investis dans des secteurs peu sensibles à la conjoncture et raisonnablement valorisés : alimentation et produits du quotidien, santé, services aux collectivités, télécoms. Le tiers restant est ouvert à des secteurs plus cycliques (banques, biens d’équipement, semi-conducteurs, mines).
Le portefeuille final compte 40 à 60 valeurs, très majoritairement de grandes capitalisations, avec 40 à 50 % d’Europe, 30 à 40 % d’Amérique du Nord et 10 à 20 % de pays émergents. Les grandes valeurs technologiques américaines les plus chères sont absentes ; la technologie est représentée par des profils plus défensifs ou installés de longue date (Texas Instruments, Cisco Systems, Samsung Electronics). Les titres sont conservés longtemps : seuls 20 à 30 % du portefeuille changent chaque année, une position n’étant vendue qu’en cas de dividende sous pression, de dégradation durable des fondamentaux ou d’objectif de cours atteint.