La sélection se fait société par société, sans idée préconçue sur les secteurs ou les pays à privilégier. L’équipe estime pour chaque entreprise ce qu’elle vaut réellement, puis n’achète que si le cours de bourse se situe nettement en dessous de cette estimation : 15 à 20 % d’écart pour les activités peu sensibles à la conjoncture, 30 à 40 % pour les plus cycliques. Les entreprises retenues doivent réunir quatre qualités : un modèle économique protégé de la concurrence (par la force d’un produit, d’une marque, d’une taille ou par la difficulté qu’ont les clients à changer de fournisseur) ; une capacité à dégager des liquidités importantes chaque année ; une situation financière solide ; et une équipe dirigeante crédible.
Ce travail conduit à un portefeuille de 100 à 150 valeurs, essentiellement de grandes entreprises, aucune ne dépassant 3 % du fonds. La répartition est stable dans le temps : environ 30 à 40 % d’actions américaines, 20 à 40 % d’européennes et 10 à 20 % de japonaises, avec une exposition volontairement limitée aux pays émergents, où les exigences de l’équipe en matière de gouvernance sont plus difficiles à satisfaire. Les titres sont conservés 4 à 6 ans en moyenne, parfois jusqu’à dix ans.
Le reste du portefeuille, soit 10 à 30 %, joue un rôle d’amortisseur : de l’or détenu en direct (5 à 10 %), des obligations d’entreprises à haut rendement sélectionnées avec la même méthode que les actions (0 à 10 %), des obligations d’État à courte échéance et des liquidités placées sur des titres de dette de très bonne qualité (10 à 25 %). Cette poche est gérée à contre-courant : elle est renforcée quand les marchés montent et réduite quand ils baissent, ce qui accentue le caractère prudent du fonds. Lorsqu’une entreprise séduit l’équipe mais que son action paraît trop chère, les gérants peuvent préférer acheter son obligation.