L’idée de base est simple : quand une entreprise annonce publiquement qu’elle va en racheter une autre, le prix de l’action de la cible monte, mais rarement jusqu’au prix d’offre définitif. Il reste un petit écart, qui reflète l’incertitude sur l’issue finale de l’opération. Helium Fund capte cet écart en achetant les titres de la société rachetée et en vendant simultanément ceux de l’acheteur. Si l’opération se conclut comme prévu, le fonds empoche la différence.
Syquant ne s’intéresse qu’aux opérations jugées très sûres : des rachats déjà bien avancés (à moins de deux mois de leur clôture), entre entreprises industrielles, sans actionnaires opposants ni risques réglementaires importants. Cette sélectivité explique un chiffre remarquable : depuis la création de Syquant, seulement 2 % des opérations retenues ont finalement échoué. Le portefeuille compte en général 50 à 60 positions, réparties à 70 % aux États-Unis et 30 % en Europe.
En complément (environ 40 % du portefeuille), le fonds exploite d’autres situations spécifiques sur les marchés : par exemple, deux catégories d’actions du même groupe cotées à des prix légèrement différents, des décotes lors d’introductions en Bourse, ou des anomalies de valorisation entre des produits financiers liés. Chaque fois, la position acheteuse est immédiatement compensée par une position vendeuse équivalente, de sorte que le fonds ne prend jamais de pari directionnel sur les marchés.