Le point de départ est un univers large : environ 3 000 sociétés cotées en Europe, Royaume-Uni inclus, d’une taille supérieure à 500 millions d’euros et suffisamment échangées en bourse pour être achetées et revendues facilement.
Cet univers est ensuite trié secteur par secteur, treize secteurs au total, avec un niveau de détail poussé (dans l’automobile, par exemple, les constructeurs sont distingués des équipementiers). Dans chaque secteur, les gérants ne conservent que le quart des sociétés les moins chères, mesurées par le rapport entre le prix de l’action et la valeur comptable de l’entreprise, ajusté de l’inflation, du niveau de dette et des dépenses de recherche. Ce tri est refait chaque mois.
Vient ensuite l’étape clé : entreprise par entreprise, les gérants cherchent moins à repérer les titres au plus fort potentiel de hausse qu’à écarter les fausses bonnes affaires, ces sociétés qui paraissent bon marché parce qu’elles sont durablement en difficulté. Trois filtres sont appliqués : la solidité financière (endettement, capacité à traverser un choc, dynamique d’amélioration) ; la viabilité du modèle économique (avantage concurrentiel, capacité à dégager une rentabilité supérieure au coût de son financement) ; et la prudence de la direction dans sa stratégie de croissance. Les gérants s’appuient pour cela sur un outil d’analyse qui suit 10 000 sociétés dans le monde et mesure, pour chacune, la richesse réellement créée par rapport au capital investi et si le cours de bourse en tient déjà compte ou non.
De 100 à 200 sociétés ressortent de ce travail ; 60 à 100 entrent finalement en portefeuille, dont 70 à 80 % de grandes entreprises et 20 à 30 % de moyennes et petites. La répartition entre secteurs et pays n’est pas décidée à l’avance : elle découle uniquement des titres retenus, et les écarts avec l’indice restent volontairement contenus. Les titres sont conservés trois à cinq ans, allégés progressivement à mesure que leur cours rejoint la moyenne de leur secteur, et vendus lorsqu’ils deviennent chers ou que leurs fondamentaux se dégradent. Quinze à vingt lignes sont renouvelées chaque année.