Vous envisagez un rachat sur votre contrat d'assurance-vie et vous vous demandez ce que vous allez devoir déclarer ? Bonne nouvelle : vous n'êtes imposé que si vous retirez de l'argent, et uniquement sur la part de gains comprise dans le retrait, jamais sur le capital que vous avez versé.
Reste à savoir quel taux s'applique selon l'ancienneté de votre contrat, quelles cases remplir dans votre déclaration de revenus, dans quels cas vous pouvez être exonéré, et ce qui change en cas de succession. Ce guide répond à chacune de ces questions, avec les chiffres 2026.
Est-ce que le rachat d'une assurance-vie est imposable ?
Seuls les gains de l'assurance-vie sont imposés lors d'un rachat
Tant que vous ne touchez pas à votre contrat, vos gains ne sont pas imposés. C'est seulement au moment d'un rachat, partiel ou total, que la fiscalité entre en jeu. Et encore, elle ne porte pas sur la totalité de la somme retirée.
Le point essentiel à retenir : seuls les gains (intérêts et plus-values générés par votre épargne) sont soumis à l'impôt. Le capital versé reste exonéré, puisqu'il s'agit de la restitution de votre propre argent.
Concrètement, si vous avez versé 20 000 € et que votre contrat vaut 24 000 €, seuls les 4 000 € de gains entrent dans l'assiette imposable.
Rachat partiel ou rachat total d'assurance-vie : quelle part est imposable ?
Lors d'un rachat partiel, l'administration fiscale applique une règle de proportionnalité : la part imposable correspond au ratio gains / valeur totale du contrat au moment du retrait.
Part de gains imposable = montant racheté × (valeur du contrat − primes versées) / valeur du contrat
- votre contrat est composé à 20 % de gains ;
- vous retirez 5 000 € ;
- le rachat comprend 1 000 € de gains imposables et 4 000 € de capital non taxé.
Le rachat total, lui, entraîne la clôture définitive du contrat : l'intégralité des gains accumulés depuis l'origine devient imposable en une seule fois, et vous perdez l'antériorité fiscale du contrat.
💡 Bon à savoir : un arbitrage entre supports (fonds en euros vers unités de compte, par exemple) n'est pas un rachat. Il ne déclenche aucune fiscalité tant que l'argent reste dans le contrat.
Quelle fiscalité s'applique au rachat selon l'ancienneté de votre assurance-vie ?
La fiscalité de votre rachat dépend de deux dates clés : la date de vos versements (avant ou après le 27 septembre 2017) et l'ancienneté de votre contrat. Avant 8 ans, l'imposition est plus lourde ; au-delà, elle s'allège nettement.
Fiscalité du rachat d'assurance-vie avant 8 ans
Pour les versements effectués après le 27 septembre 2017, le prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou flat tax, s'applique par défaut : 12,8 % d'impôt sur le revenu, auxquels s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 % au total sur les gains.
Pour les versements antérieurs à cette date, l'ancien prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) reste en vigueur :
- 35 % si le contrat a moins de 4 ans ;
- 15 % entre 4 et 8 ans.
Dans les deux cas, aucun abattement ne s'applique avant le cap des 8 ans, ce qui rend les rachats précoces fiscalement peu avantageux.
Fiscalité du rachat d'assurance-vie après 8 ans : abattement de 4 600 € ou 9 200 €
Passé 8 ans de détention, un abattement annuel s'applique sur les gains retirés :
- 4 600 € pour une personne seule ;
- 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.
Au-delà de l'abattement, le taux d'impôt sur le revenu tombe à 7,5 %. Pour les versements postérieurs au 27 septembre 2017, ce taux réduit est réservé à la fraction de gains liée aux 150 000 € premiers euros de versements nets, tous contrats confondus ; au-delà, le taux de 12,8 % s'applique à nouveau.
Concrètement, un rachat dont la part de gains reste inférieure à l'abattement est totalement exonéré d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.
💡 Bon à savoir : l'abattement se renouvelle chaque année civile et la fraction inutilisée ne se reporte pas. Étaler un gros rachat sur deux années (décembre puis janvier) permet de profiter deux fois de l'abattement.
Flat tax ou barème progressif de l'impôt sur le revenu : comment choisir ?
Chaque année, lors de votre déclaration, vous pouvez opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu plutôt que pour la flat tax. Attention, cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année.
- Barème progressif intéressant si votre tranche marginale d'imposition est de 0 % ou 11 %.
- PFU généralement plus avantageux dès la tranche à 30 %, et dans la plupart des cas après 8 ans (7,5 % contre 30 % ou plus au barème).
Tableau récapitulatif de la fiscalité du rachat d'assurance-vie
| Ancienneté du contrat | Date des versements | Impôt sur le revenu (hors prélèvements sociaux de 17,2 %) | Abattement annuel |
|---|---|---|---|
| Moins de 8 ans | Après le 27/09/2017 | 12,8 % (PFU) ou barème progressif | Aucun |
| Moins de 8 ans | Avant le 27/09/2017 | 35 % (< 4 ans) ou 15 % (4 à 8 ans), ou barème progressif | Aucun |
| Plus de 8 ans | Avant le 27/09/2017 | 7,5 % ou barème progressif | 4 600 € / 9 200 € |
| Plus de 8 ans | Après le 27/09/2017 | 7,5 % jusqu'à 150 000 € de versements, 12,8 % au-delà, ou barème progressif | 4 600 € / 9 200 € |
La fiscalité de l'assurance-vie dépend de la situation personnelle du souscripteur et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer.
Quels prélèvements sociaux sur un rachat d'assurance-vie en 2026 ?
17,2 % : un taux maintenu pour l'assurance-vie
Au-delà de l'impôt sur le revenu, les gains de votre assurance-vie supportent aussi les prélèvements sociaux. C'est systématique : même les rachats exonérés d'impôt sur le revenu (après un licenciement, par exemple) y restent soumis.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 relève le taux général des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur la plupart des placements (PER, PEA, compte-titres). L'assurance-vie échappe à cette hausse et conserve son taux de 17,2 %, un avantage comparatif désormais net face aux autres enveloppes.
Fonds en euros ou unités de compte : le moment du prélèvement diffère
- Sur le fonfds en euros, les prélèvements sociaux sont ponctionnés chaque année, au fil de l'eau, dès que les intérêts sont crédités, que vous fassiez ou non un retrait.
- Sur les unités de compte, rien n'est prélevé tant que le capital reste investi : les prélèvements ne s'appliquent qu'au moment du rachat, sur les gains effectivement réalisés.
💡 Bon à savoir : au moment d'un rachat, l'assureur tient compte des prélèvements sociaux déjà acquittés sur le fonds en euros. Vous ne les payez pas deux fois.
Dans quels cas le rachat d'assurance-vie est-il exonéré d'impôt ?
Licenciement, invalidité, retraite anticipée : les cas d'exonération légale
Certaines situations vous permettent d'échapper totalement à l'impôt sur le revenu lors d'un rachat, quelle que soit l'ancienneté de votre contrat. Elles concernent le souscripteur ou son conjoint / partenaire de PACS :
- licenciement, à condition d'être inscrit comme demandeur d'emploi ;
- mise à la retraite anticipée ;
- invalidité de 2e ou 3e catégorie, reconnue par la Sécurité sociale ;
- liquidation judiciaire d'une activité non salariée.
Le rachat doit intervenir avant la fin de l'année qui suit l'événement. Ces exonérations portent uniquement sur l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus, sauf en cas d'invalidité.
L'abattement après 8 ans : le levier de défiscalisation accessible à tous
En dehors de ces cas particuliers, le moyen le plus simple de réduire durablement votre imposition reste l'abattement annuel après 8 ans (4 600 € ou 9 200 €). Programmer des rachats partiels réguliers calibrés sur cet abattement permet souvent de ne payer que les prélèvements sociaux, sans impôt sur le revenu.
Détenir plusieurs contrats d'assurance-vie offre une souplesse supplémentaire : vous pouvez racheter chaque année sur le contrat dont la proportion de gains est la plus faible.
Dans quelle case déclarer votre rachat d'assurance-vie ?
Une fois votre rachat effectué, encore faut-il le déclarer au bon endroit. Le formulaire 2042 prévoit plusieurs cases selon la date de vos versements et l'option fiscale choisie.
Les cases du formulaire 2042 à connaître
| Case | Ce qu'elle contient | Taux applicable |
|---|---|---|
| **2CH** | Gains des contrats de plus de 8 ans issus de versements antérieurs au 27/09/2017, soumis au barème ou éligibles à l'abattement | Barème ou 7,5 % |
| **2DH** | Gains des contrats de plus de 8 ans issus de versements antérieurs au 27/09/2017, déjà soumis au prélèvement libératoire | 7,5 % (déjà prélevé) |
| **2UU** | Total des gains issus des versements postérieurs au 27/09/2017, avant répartition | — |
| **2VV** | Part de ces gains liée aux primes n'excédant pas 150 000 € (contrat de plus de 8 ans) | 7,5 % |
| **2WW** | Part de ces gains liée aux primes dépassant 150 000 € (contrat de plus de 8 ans) | 12,8 % |
| **2ZZ** | Gains des contrats de moins de 8 ans issus de versements postérieurs au 27/09/2017 | 12,8 % |
| **2CK** | Prélèvement forfaitaire déjà versé par l'assureur (acompte non libératoire), imputé sur votre impôt | Crédit d'impôt |
| **2OP** | Case à cocher pour opter pour le barème progressif sur l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers | — |
Ces montants sont généralement pré-remplis grâce à l'imprimé fiscal unique (IFU) transmis par votre assureur en début d'année. Si un chiffre vous semble erroné, corrigez-le directement en ligne : la responsabilité de la déclaration vous incombe, pas à l'administration.
💡 Bon à savoir : même si l'assureur a déjà prélevé l'acompte de 12,8 % ou 7,5 % au moment du rachat, le rachat doit figurer dans votre déclaration. C'est elle qui applique l'abattement de 4 600 € ou 9 200 € et déclenche, le cas échéant, le remboursement du trop-perçu.
Faire une simulation de rachat avant de déclarer
Avant même de demander un rachat, mieux vaut anticiper son impact fiscal. Le simulateur d'impôt sur le revenu disponible sur impots.gouv.fr permet d'estimer l'imposition selon le montant retiré et l'option choisie. Votre assureur ou votre conseiller dispose souvent d'un outil de simulation intégré qui calcule directement la part de gains comprise dans le rachat.
Cette vérification évite les mauvaises surprises, surtout si vous approchez du seuil des 150 000 € de primes ou si vous hésitez entre PFU et barème progressif.
Comment est imposée l'assurance-vie en cas de succession ?
Attention à ne pas confondre les deux régimes : la fiscalité vue jusqu'ici concerne vos rachats de votre vivant ; celle qui suit s'applique aux bénéficiaires lors de votre décès. Les capitaux sont alors transmis hors succession, et les règles varient selon l'âge auquel vous avez effectué vos versements.
Versements avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire
Sur les primes versées avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €, tous contrats confondus sur la tête du même assuré (article 990 I du CGI). Au-delà :
- 20 % sur la part taxable jusqu'à 700 000 € (soit 852 500 € reçus par bénéficiaire) ;
- 31,25 % sur la fraction supérieure.
Versements après 70 ans : abattement global de 30 500 €
Pour les primes versées après 70 ans (article 757 B du CGI), l'abattement tombe à 30 500 €, cette fois partagé entre tous les bénéficiaires, tous contrats confondus. Seul le montant des primes entre dans l'assiette successorale : les intérêts et plus-values générés ensuite restent totalement exonérés, quel que soit leur montant.
💡 Bon à savoir : le conjoint marié et le partenaire de PACS bénéficient d'une exonération totale, quelle que soit la date des versements et quel que soit le montant transmis.
Bénéficiaire sans lien de parenté : quelle imposition ?
C'est là que l'assurance-vie devient un outil de transmission redoutable. Dans une succession classique, un bénéficiaire sans lien de parenté est taxé à 60 % après un abattement de 1 594 €. En assurance-vie, le même régime (152 500 € d'abattement, puis 20 % et 31,25 %) s'applique quel que soit le lien avec le défunt, pour les primes versées avant 70 ans.
Un levier privilégié pour transmettre à un concubin, un ami ou un neveu, à condition de rédiger soigneusement la clause bénéficiaire. Pour le détail des règles, consultez notre guide sur l'assurance-vie et la succession.
La fiscalité de l'assurance-vie dépend de la situation personnelle du souscripteur et de la réglementation en vigueur, susceptible d'évoluer. Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé.