Plafond assurance-vie : combien peut-on verser sur son contrat ?

Antoine Charbonneau
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Le plafond maximum de l'assurance-vie est l'une des questions les plus fréquentes des épargnants, et l'une des plus mal comprises. Contrairement au Livret A (plafonné à 22 950 €) ou au PEL (61 200 €), le Code des assurances ne fixe aucun montant maximum : vous pouvez verser autant que vous le souhaitez sur votre contrat d'assurance-vie, sans limite légale.

Ce qui existe en revanche, ce sont des seuils fiscaux qui modifient la façon dont vos gains ou votre capital transmis sont imposés. Ces seuils sont souvent confondus avec des plafonds de versement, à tort. Dans cet article, nous faisons le point sur la limite d'un plafond légal (qui n'existe pas), ce qui change fiscalement selon les montants, et les seules contraintes à connaître avant de verser de l'argent sur votre contrat.

L'assurance-vie est-elle vraiment plafonnée ?

Aucun plafond légal de versement : ce que dit le Code des assurances

Il n'existe aucun plafond légal de versement sur un contrat d'assurance-vie en France. Le Code des assurances ne fixe aucune limite de montant, que ce soit pour le versement initial ou pour les versements complémentaires. Vous êtes libre d'investir quelques centaines d'euros comme plusieurs millions.

Cette liberté contraste avec les produits d'épargne réglementés :

  • Livret A : plafonné à 22 950 €
  • LDDS : plafonné à 12 000 €
  • PEA : plafonné à 150 000 € de versements
  • PEL : plafonné à 61 200 €

L'assurance-vie n'entre dans aucune de ces catégories. C'est l'une de ses forces : elle s'adapte à tous les patrimoines, sans contrainte de montant maximum imposée par la loi.

Une seule nuance mérite d'être posée d'emblée : les primes versées ne doivent pas être "manifestement exagérées" par rapport à votre situation financière.

Quel est le montant minimum pour ouvrir une assurance-vie ?

S'il n'existe pas de plafond maximum pour une assurance-vie, il n'existe pas non plus de montant minimum légal pour ouvrir un contrat d'assurance-vie. En pratique, chaque assureur fixe librement ses propres conditions :

  • les contrats en ligne acceptent souvent des versements initiaux à partir de 100 € à 500 €,
  • tandis que certains contrats haut de gamme exigent plusieurs milliers d'euros à l'ouverture.

Ces seuils sont purement commerciaux, propres à chaque contrat, et varient d'un assureur à l'autre.

💡 Bon à savoir : les versements complémentaires (après le versement initial) sont eux aussi soumis à un montant minimum fixé par l'assureur, généralement entre 50 € et 500 €. Ces contraintes sont commerciales et propres à chaque contrat, pas légales.

Pourquoi parle-t-on de plafond à tort ? La confusion versement / seuil fiscal

La confusion vient du fait qu'il existe plusieurs seuils fiscaux autour de l'assurance-vie :

  • 150 000 €
  • 152 500 €
  • 30 500 €

Ces montants ne limitent pas ce que vous pouvez verser. Ils définissent simplement jusqu'où vous bénéficiez d'un régime fiscal avantageux, que ce soit lors d'un rachat de votre vivant ou lors de la transmission à vos bénéficiaires en cas de décès.

Pour le dire clairement :

  • Un plafond fixe une limite d'un plafond légal infranchissable (comme le Livret A, plafonné à 22 950 €).
  • Un seuil fiscal ne vous interdit rien : il détermine comment vos gains ou votre capital sont imposés au-delà d'un certain niveau.

Vous pouvez tout à fait verser 400 000 € sur votre assurance-vie. La fiscalité applicable à vos gains ou à la transmission sera différente selon que vos versements sont inférieurs ou supérieurs aux seuils fiscaux, mais rien ne vous empêche de le faire.

Les seuils fiscaux à connaître (ils ne limitent pas vos versements)

Le seuil de 150 000 € : impact sur la fiscalité de vos gains en cas de rachat

Contrairement au Livret A, il n'existe aucun plafond de versement en assurance-vie. Toutefois, le seuil de 150 000 € agit comme un véritable plafond fiscal pour déterminer l'imposition de vos gains lors d'un rachat sur un contrat de plus de 8 ans.

Rappel important : lors d'un rachat, seuls vos gains sont imposés (intérêts et plus-values), jamais le capital que vous avez versé.

Le seuil de 150 000 € s'apprécie sur l'ensemble des versements réalisés sur tous vos contrats d'assurance-vie, pas uniquement celui sur lequel vous effectuez le rachat :

  • Si vos versements totaux sont inférieurs ou égaux à 150 000 € : vos gains sont soumis au taux de 7,5 % (après l'abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé) + 17,2 % de prélèvements sociaux.
  • Si vos versements totaux dépassent 150 000 € : la fraction des gains correspondant aux versements au-delà de ce seuil est soumise au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 12,8 % + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 % au total.

Cette distinction ne fonctionne pas en tout ou rien.

Si vous avez versé 200 000 € au total :

  • les gains proportionnels aux 150 000 € premiers versements restent taxés à 7,5 % au titre de l'impôt sur le revenu (taux réduit),
  • et seuls les gains proportionnels aux 50 000 € supplémentaires passent à 12,8 %.

L'abattement de 4 600 € (ou 9 200 €) s'applique dans tous les cas, que ce soit sur un rachat partiel ou un rachat total de votre contrat.

💡 Bon à savoir : ce seuil s'apprécie à la date du rachat, sur l'ensemble de vos contrats d'assurance-vie. Si vous détenez plusieurs contrats, les versements sur chacun d'eux sont additionnés. Avoir une vision globale de votre encours total avant un rachat est donc essentiel.

L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire : les versements avant 70 ans

Ce seuil concerne la transmission de votre assurance-vie à vos bénéficiaires désignés en cas de décès. Il s'applique uniquement aux versements effectués avant vos 70 ans.

Chaque bénéficiaire désigné dans votre clause bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € sur les capitaux reçus. En dessous de ce montant, aucune taxation ne s'applique. Au-delà, la fiscalité est progressive :

  • De 152 500 € à 852 500 € reçus par bénéficiaire : taxation à 20 %
  • Au-delà de 852 500 € par bénéficiaire : taxation à 31,25 %

Cet abattement s'applique par bénéficiaire, indépendamment de leur lien de parenté avec vous. Vous pouvez désigner un ami, un neveu, un partenaire de vie : l'abattement reste valable. En marge du fait qu'il n'y ait pas de plafond, c'est l'un des atouts majeurs de l'assurance-vie pour la transmission de patrimoine, puisqu'il permet de transmettre des sommes importantes en dehors du cadre successoral classique.

💡 Bon à savoir : si vous désignez trois bénéficiaires, chacun profite de 152 500 € d'abattement, soit un total de 457 500 € potentiellement transmis sans taxation (sous réserve des conditions légales en vigueur).

Les versements après 70 ans : l'abattement de 30 500 €

Si vous continuez à alimenter votre contrat après vos 70 ans, le régime fiscal de la transmission change significativement. Les versements effectués après cet âge bénéficient d'un abattement global de 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires (et non par bénéficiaire, comme c'est le cas avant 70 ans).

Au-delà de 30 500 €, les primes versées après 70 ans sont intégrées dans la succession et soumises aux droits de succession classiques, selon le lien de parenté entre le défunt et chaque bénéficiaire.

Nuance importante : les intérêts et plus-values générés par ces versements après 70 ans restent totalement exonérés, quel que soit leur montant. Seules les primes elles-mêmes sont concernées par cette taxation. Cela peut rendre pertinent de continuer à alimenter son contrat après 70 ans, selon sa situation.

Pour tout savoir sur la stratégie à adopter avant et après cet âge pivot, consultez notre guide sur l'assurance-vie avant 70 ans.

Au-delà de 700 000 € par bénéficiaire : le taux de 31,25 %

Pour les versements effectués avant 70 ans, la fiscalité en cas de décès évolue en paliers bien définis :

  • Jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire : exonération totale
  • De 152 500 € à 852 500 € par bénéficiaire (soit 700 000 € au-delà de l'abattement) : taxation à 20 %
  • Au-delà de 852 500 € par bénéficiaire : taxation à 31,25 %

Ces niveaux de taxation restent bien inférieurs aux droits de succession classiques, qui peuvent atteindre 45 % en ligne directe pour les patrimoines les plus importants. L'assurance-vie conserve donc un avantage fiscal significatif même pour des capitaux élevés.

Pour aller plus loin, notre guide complet sur la fiscalité successorale de l'assurance-vie détaille l'ensemble des règles applicables selon votre situation.

La seule vraie limite : les primes manifestement exagérées

Ce que la loi entend par "primes exagérées"

La seule véritable contrainte juridique sur le montant de vos versements n'est pas un plafond chiffré fixé par la loi : c'est la notion de primes manifestement exagérées, issue de la jurisprudence civile.

Le principe : un héritier réservataire (enfant, conjoint) peut contester les versements effectués sur une assurance-vie s'il estime que leur montant est disproportionné par rapport à la situation patrimoniale et aux revenus du souscripteur au moment des versements, notamment si ces versements ont visiblement pour effet de le priver de sa part d'héritage.

Ce risque se pose principalement lorsque le bénéficiaire désigné n'est pas un héritier réservataire mais un ami, un partenaire non marié, un tiers.

Le juge apprécie le caractère "manifestement exagéré" au cas par cas, en tenant compte de plusieurs éléments :

  • La situation patrimoniale globale du souscripteur au moment des versements
  • Ses revenus et son niveau de vie
  • L'utilité économique des versements (épargne cohérente ou instrumentalisation de l'assurance-vie ?)
  • L'âge et l'état de santé au moment des versements
  • Le montant global des primes par rapport au reste du patrimoine

Il n'existe pas de seuil légal en pourcentage ou en valeur absolue. Un versement de 300 000 € peut être parfaitement justifié pour une personne disposant d'un patrimoine de 2 M€ ; il peut être contestable pour quelqu'un ne disposant que de 320 000 € de patrimoine et de revenus modestes.

Quels risques en cas de requalification par un héritier ou un juge ?

Si un juge reconnaît le caractère manifestement exagéré de certaines primes, celles-ci peuvent être réintégrées dans la succession. Elles se retrouvent alors soumises aux droits de succession classiques et perdent l'avantage fiscal de l'assurance-vie pour ces sommes.

Ce risque reste limité en pratique si vos versements sont cohérents avec votre patrimoine et vos revenus. Il est davantage présent si vous versez une part importante de votre patrimoine sur une assurance-vie tardivement, en situation de fragilité (grand âge, maladie), ou dans un contexte familial conflictuel.

Vous détenez plusieurs assurances-vie ? Ce que ça change

Les seuils fiscaux s'appliquent sur l'ensemble de vos contrats

Vous pouvez détenir autant de contrats d'assurance-vie que vous le souhaitez, auprès d'un ou plusieurs assureurs. Mais les seuils fiscaux ne s'appliquent pas contrat par contrat : ils sont calculés sur l'ensemble de vos versements tous contrats confondus.

Le seuil de 150 000 € (qui détermine si vos gains sont taxés à 7,5 % ou 12,8 % lors d'un rachat après 8 ans) s'apprécie sur le total de vos versements sur l'ensemble de vos assurances-vie. Si vous avez versé 80 000 € sur un premier contrat et 100 000 € sur un second, vous dépassez le seuil, même si chaque contrat pris individuellement reste en dessous.

De même, l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire s'apprécie sur l'ensemble des capitaux reçus de tous les contrats d'un même souscripteur, pas contrat par contrat.

Comment répartir intelligemment ses versements entre plusieurs contrats

Détenir plusieurs assurances-vie peut néanmoins présenter des avantages concrets, au-delà des aspects fiscaux :

  • Séparer vos objectifs : un contrat dédié à la retraite (horizon long, allocation plus dynamique en unités de compte), un autre pour une épargne de précaution (fonds euro sécurisé).
  • Diversifier les assureurs : chaque contrat est couvert par le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) à hauteur de 70 000 € par établissement. Multiplier les assureurs augmente mécaniquement cette protection.
  • Personnaliser les clauses bénéficiaires : attribuer un contrat distinct à chaque bénéficiaire simplifie la gestion successorale et évite les répartitions complexes au sein d'un même contrat.
  • Optimiser vos rachats : en choisissant sur quel contrat effectuer vos retraits, vous pouvez piloter plus finement la fiscalité applicable à vos gains.

La multi-détention ne change pas les règles globales des seuils fiscaux, mais elle apporte une souplesse de gestion précieuse pour adapter votre stratégie dans le temps.

Combien mettre concrètement sur son assurance-vie ?

En fonction de vos objectifs : épargne, retraite, transmission

Il n'existe pas de réponse universelle au montant à placer sur une assurance-vie. Cela dépend avant tout de votre situation personnelle et de vos objectifs patrimoniaux.

Préparation de la retraite

L'assurance-vie est particulièrement adaptée aux horizons de plus de 8 ans. Plus vous commencez à verser tôt, plus vous bénéficiez longtemps de la capitalisation et de la fiscalité avantageuse après 8 ans.

L'argent placé sur un fonds en euros capitalise chaque année sans fiscalité immédiate, et les unités de compte permettent de viser un meilleur potentiel de rendement sur le long terme.

Ouvrir un contrat le plus tôt possible, même avec un montant modeste, est une stratégie pertinente pour préparer sa retraite avec l'assurance-vie.

Optimisation de la transmission

Si vous souhaitez transmettre un capital à vos proches dans les meilleures conditions fiscales, la logique des 152 500 € par bénéficiaire peut guider vos versements avant 70 ans.

Un couple avec deux enfants peut ainsi structurer ses versements pour que chaque bénéficiaire reçoive jusqu'à 152 500 € par parent sans taxation. Rien ne vous empêche de verser davantage, la fiscalité sera simplement différente au-delà de ce seuil.

Diversification du patrimoine

L'assurance-vie n'a pas vocation à concentrer l'intégralité de votre patrimoine. La notion de primes manifestement exagérées rappelle qu'un équilibre est attendu entre assurance-vie et autres actifs (immobilier, actions, livrets, etc.).

Ne pas concentrer tout son patrimoine : prudence et diversification

L'assurance-vie est un outil central, mais elle ne doit pas être votre seul placement. Quelques repères pratiques avant d'arbitrer le montant de vos versements :

  • Conservez toujours une épargne de précaution (3 à 6 mois de dépenses courantes) sur des supports liquides et immédiatement disponibles, comme le Livret A, avant d'alimenter votre contrat.
  • L'assurance-vie est un placement de moyen à long terme. Si vous pourriez avoir besoin de ces fonds dans moins de 3 ans, d'autres supports peuvent être plus adaptés à cet horizon court.
  • Si votre patrimoine est conséquent, la répartition entre assurance-vie, immobilier, PEA et autres enveloppes mérite une réflexion globale, idéalement accompagnée par un conseiller.

Les versements sur votre contrat doivent s'inscrire dans une stratégie cohérente avec l'ensemble de votre situation patrimoniale et de vos projets de vie.

Plafond assurance-vie : combien peut-on verser sur son contrat ?
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Questions fréquentes

Quel est le plafond d'une assurance-vie ?

Il n'existe aucun plafond légal de versement sur une assurance-vie. Vous pouvez y placer autant que vous le souhaitez. En revanche, plusieurs seuils fiscaux existent et influencent la fiscalité de votre contrat :

  • 150 000 € (taux d'imposition des gains au rachat après 8 ans),
  • 152 500 € par bénéficiaire (exonération à la transmission pour les versements avant 70 ans),
  • et 30 500 € d'abattement global pour les versements après 70 ans.

Ces seuils ne vous interdisent pas de verser davantage : ils déterminent uniquement la fiscalité applicable.

Quelle somme placer sur une assurance-vie ?

Cela dépend de vos objectifs, de votre horizon de placement et de l'ensemble de votre patrimoine. Il n'y a pas de montant idéal universel ni de plafond de versement sur une assurance-vie. Gardez toujours une épargne de précaution disponible avant d'alimenter votre contrat, et privilégiez l'assurance-vie pour des projets de moyen à long terme (retraite, transmission).

Pour les versements destinés à la transmission, la logique de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire peut servir de repère.

Quels sont les inconvénients d'une assurance-vie ?

Malgré ses nombreux atouts comme le fait de ne pas avoir de plafond de versements, l'assurance-vie présente quelques points de vigilance :

  • La fiscalité optimale n'intervient qu'après 8 ans d'ancienneté : c'est un placement à privilégier sur le moyen ou long terme.
  • Des frais de gestion annuels élevés (\>0,6 %) peuvent réduire la performance nette
  • Le capital n'est pas garanti sur les unités de compte : vous pouvez subir des pertes si les marchés évoluent défavorablement.
  • La notion de primes manifestement exagérées peut exposer des versements disproportionnés à une contestation successorale.

Quelle somme peut-on mettre sur une assurance-vie après 70 ans ?

Après 70 ans, vous pouvez continuer à verser sans limitation légale puisqu'il n'y a pas de plafond sur une assurance-vie. La différence porte uniquement sur la fiscalité en cas de décès :

  • les versements effectués après 70 ans bénéficient d'un abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires confondus), au-delà duquel ils sont soumis aux droits de succession classiques.
  • Les intérêts et plus-values générés sur ces versements restent intégralement exonérés, quel que soit leur montant.

Alimenter son contrat après 70 ans peut donc rester pertinent selon votre situation.

Quel est le montant maximum d'une assurance-vie sans droits de succession ?

Pour les versements effectués avant 70 ans :

  • Chaque bénéficiaire désigné peut recevoir jusqu'à 152 500 € sans aucune taxation.
  • Au-delà, une taxe de 20 % s'applique jusqu'à 852 500 € par bénéficiaire, puis 31,25 % au-delà.

Pour les versements après 70 ans :

  • L'abattement est de 30 500 € global (partagé entre tous les bénéficiaires).

L'assurance-vie reste l'un des meilleurs outils pour optimiser la transmissison de son patrimoine en dehors du cadre successoral classique.

Quel est le plafond imposable pour une assurance-vie ?

Il n'y a pas de \"plafond imposable\" au sens strict pour une assurance-vie. Ce qui change, c'est le taux d'imposition selon les montants.

Pour les rachats après 8 ans :

  • 7,5 % sur les gains correspondant aux versements inférieurs à 150 000 €, 12,8 % sur ceux correspondant aux versements au-delà.

Pour la transmission :

  • Exonération jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire (versements avant 70 ans), puis taxation progressive.

Dans tous les cas, seuls les gains sont imposés lors d'un rachat, jamais le capital que vous avez versé.

Quel est le montant maximum que l'on peut verser sur une assurance-vie ?

Il n'existe aucun montant maximum légal et donc pas de plafond sur une assurance-vie. Le Code des assurances ne fixe aucune limite.

La seule contrainte juridique est que vos versements ne soient pas "manifestement exagérés" par rapport à votre patrimoine et à vos revenus, sous peine de voir ces sommes réintégrées dans votre succession en cas de contestation par un héritier.

Quel est le montant maximum non imposable pour une assurance-vie ?

Deux situations sont à distinguer :

  • Pour les rachats (retraits de votre vivant) après 8 ans d'ancienneté du contrat : jusqu'à 4 600 € de gains par an pour une personne seule (9 200 € pour un couple marié ou pacsé) peuvent être retirés sans impôt sur le revenu, grâce à l'abattement annuel (les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent néanmoins).
  • Pour la transmission en cas de décès, les versements effectués avant 70 ans bénéficient d'une exonération totale jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire désigné.

Est-il possible de placer 100 000 euros dans une assurance-vie ?

Oui, tout à fait. Il n'existe aucune limite légale au montant d'argent que vous pouvez placer sur un contrat d'assurance-vie, et donc pas de plafond sur une assurance-vie, quelle que soit la compagnie d'assurance retenue.

Verser 100 000 € est donc parfaitement possible, et ce montant reste en dessous du seuil fiscal de 150 000 €. Cela signifie que vos gains seront imposés au taux avantageux de 7,5 % (après 8 ans d'ancienneté et abattement annuel de 4 600 €) + 17,2 % de prélèvements sociaux, plutôt qu'au PFU de 30 %.

Pour la transmission, si vos versements ont été effectués avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire désigné bénéficiera d'un abattement de 152 500 € : 100 000 € transmis à un bénéficiaire seraient donc totalement exonérés.

Quel est le plafond d'assurance-vie sans frais de succession ?

Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné reçoit jusqu'à 152 500 € sans aucun frais de succession ni droits à payer.

Au-delà, une taxation de 20 % s'applique jusqu'à 852 500 € par bénéficiaire (soit 700 000 € au-delà de l'abattement), puis 31,25 % au-delà.

Pour les versements après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique (tous bénéficiaires confondus), puis les droits de succession classiques prennent le relais selon le lien de parenté. Les intérêts et plus-values générés après 70 ans restent quant à eux toujours exonérés.

Quel est le plafond de versement pour une assurance-vie après 70 ans ?

Il n'existe aucun plafond de versement après 70 ans : vous pouvez placer autant d'argent que vous le souhaitez sur votre contrat, sans limite légale. La différence porte uniquement sur la fiscalité applicable en cas de décès.

L'argent versé après 70 ans ne bénéficie plus que d'un abattement global de 30 500 € (partagé entre tous les bénéficiaires), contre 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant cet âge.

Il est donc généralement conseillé de maximiser ses versements avant 70 ans pour optimiser la transmission, même si continuer à épargner après reste tout à fait possible et peut rester avantageux selon vos capacités d'épargne et vos objectifs.

Combien peut-on avoir d'assurances-vie ?

Il n'existe aucune limite au nombre de contrats d'assurance-vie que vous pouvez détenir. Vous êtes libre d'ouvrir autant de contrats que vous le souhaitez, auprès d'une ou de plusieurs compagnies d'assurance. Il n'existe d'ailleurs pas de plafond de versements sur une assurance-vie.

Attention toutefois : les seuils fiscaux s'apprécient sur l'ensemble de vos contrats et non contrat par contrat. Le seuil de 150 000 € (qui détermine l'impôt sur le revenu applicable à vos gains lors d'un rachat partiel après 8 ans) et l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (pour la transmission) sont calculés en additionnant tous vos contrats.

Multiplier les contrats reste néanmoins utile pour diversifier les assureurs, séparer vos objectifs patrimoniaux et personnaliser vos clauses bénéficiaires.

Est-ce qu'on paye des impôts sur une assurance-vie ?

La fiscalité de l'assurance-vie dépend principalement de deux situations distinctes. Durant la phase d'épargne, vos versements ne génèrent aucune taxation : seule la croissance de votre capital peut être soumise à l'impôt lors d'un retrait.

Lorsque vous effectuez un rachat, seuls les gains sont imposables, jamais le capital versé initialement. Cette règle fondamentale distingue l'assurance-vie des autres placements financiers. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent systématiquement sur les plus-values, quelle que soit l'ancienneté du contrat.

En cas de transmission, la fiscalité varie selon l'âge auquel vous avez alimenté votre contrat. Les héritiers ne paient jamais d'impôt sur les sommes reçues dans les limites des abattements : c'est la succession qui supporte l'éventuelle taxation sur la partie supérieure au seuil autorisé.

Est-il possible de mettre tout son argent en assurance-vie ?

Légalement, rien ne vous interdit de concentrer l'intégralité de votre patrimoine sur une assurance-vie. Vous pourriez théoriquement y placer 500 000 € ou même plusieurs millions d'euros sans enfreindre aucune règle. Cette liberté totale représente d'ailleurs l'un des atouts majeurs de ce placement.

Pourtant, une telle concentration présente des risques significatifs qu'il convient d'évaluer. Votre épargne serait alors exposée aux risques de perte inhérents aux supports d'investissement choisis, particulièrement si vous optez pour des unités de compte. La diversification patrimoniale reste une règle d'or en gestion de patrimoine.

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